Mon aventure vers l'ouest

La motivation de mon départ

16h32, vendredi 5 juin 2009 .. 2 commentaire(s) .. Lien Permanent
Le sédentarisme (donc le fait de vivre en grande ville) amène nécessairement nombre de pathologies ; parmi celles-ci je compte :

La routine qui est elle-même précurseur de beaucoup de problèmes, dont
la peur ;

La peur est un véritable fléau chez l’humain ; peur des étrangers, de l’inconnu. Cette peur, c’est l’outil instinctif du conservatisme ; on refuse l’ouverture aux choses différentes, on se borne à celles déjà connu puisque c’est beaucoup plus facile ainsi !

La facilité et le confort sont les raisons de la routine ; dans un optique de la “loi du moindre effort”, on arrête d’évoluer (d’avancer, de rechercher quelque chose de mieux) lorsque l’on se sent assez à l’aise ; nos besoins primaire comblés, on s’assoie et on commence à se pervertir dans le sédentarisme... C’est, selon moi, une faiblesse ; celui qui a trouvé un idéal, donc qui est installé et qui est satisfait de sa situation, est désormais semblable à la pierre : la remise en question au ban, une vie morne et plate s’annonce devant lui... La seule “évolution” qu’il subira sera de même que celle qui agit sur le rocher ; l’érosion de la société le polira, le parfairera de sorte qu’aucune contradiction, qu’aucun changement de section ne soit plus possible ; il deviendra rond, gros, bourgeois.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Une vie sans difficulté ne fait pas avancer.

La contradiction fait grandir ; elle permet l’ouverture à de nouveaux points de vues ; l’enrichissement du savoir, de l’intérieur. Sage était celui qui dit un jour : “Seul un con ne change pas d’avis”.

Le sédentarisme, c’est la fermeture d’esprit mise en application physique.

Il tend à l’accumulation de biens ; comme si la terre nous appartenait ! Je ne suis pas le premier à le dire ; la propriété, c’est le vol. Une parcelle d’espace est libre en soi ; se l’approprier est prétendre à la divinité. Sommes-toute, ce qui me tient réticent face à la propriété n’est pas d’un caractère égalitaire (La terre appartient à tous), mais plutôt tenant de raisons individuelles :
S’attacher à des biens matériels, c’est extrapoler notre Soi vers des objets ; ainsi, si les objets sont touchés, perdus, abîmés, volés ; le sentiment d’être volé, abîmé, perdu, touché nous atteint. Or, que n’est plus insignifiant qu’un morceau de matière ! Se détacher des biens matériels, de toutes possessions, c’est se donner l’avantage d’être intouchable. Que mon appartement passe au feu ; que n’en ais-je rien à faire ; mon voisin, lui sédentaire et bourgeois, pleurera, et sans surprise se suicidera-t’il éventuellement... Faiblesse : LUI, n’a eut aucune blessure. Cette idée s’applique aussi à la possession d’autrui, aux attaches face à d’autres personnes.

Le sédentarisme tend à l’égoïsme ; MA réputation, MA personnalité, MES biens personnels, MON logis, MON titre... En réalité, ne suis-je pas qu’un être tout simplement libre ? Or tous ces artifices égoïstes sont d’autant plus des bornes qu’ils sont nuisible à mon essence ; ma liberté.
La ville est un piège où l’homme libre est transformé en machine moulée ayant une fonction, un but, une finalité ; une pure négation de la liberté.

Le sédentarisme tend à l’indifférence ; ma vie d’un jour à l’autre est la même ; je vois les mêmes paysages, je croise des gens comme s’ils étaient les mêmes. Par l’indifférence autrui devient banalisé ; ce qu’il est se résume à son statut, à son emploi et à sa propre routine à lui ; rien d’extraordinaire ; en ville, jamais autrui est un miracle. Pourtant n’est-il pas une grande liberté autant que nous le sommes nous-mêmes ? Un grand mystère de la vie, une grande puissance ! Mais non ; en ville, autrui n’est qu’un robot parmi tant d’autres, parmi moi. Le même discours est applicable aux paysages ; aux objets : ne sont-ils pas de fabuleux existants ? Mais non ; en ville, ils ne sont que de vulgaires choses que l’on ne remarque rapidement plus.

Tout est plat, tout est normal, tout est semblable ; aucune surprise ; es-ce ça la vie ? Non ; c’est le sédentarisme.

En ville, nous sommes pierre. Chacun à des attentes envers autrui ; chacun est forgé par les attentes d’autrui. Je ne suis pas moi ; je suis leur vouloir.

En aventure... Rien de tout cela tient.

C’est pourquoi je souhaite le nomadisme, c’est pourquoi je pars.


Tiré du livre "Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche :

" En traversant ainsi sans hâte bien des peuples et mainte ville, Zarathoustra retournait par des détours vers ses montagnes et sa caverne. Et, en passant, il arriva aussi, à l'improviste, à la porte de la grande Ville : mais lorsqu'il fut arrivé là, un fou écumant sauta sur lui les bras étendus en lui barrant le passage. C'était le même fou que le peuple appelait "le singe de Zarathoustra" : car il imitait un peu les manières de Zarathoustra et la chute de sa phrase. Il aimait aussi à emprunter au trésor de sa sagesse. Le fou cependant parlait ainsi à Zarathoustra :


"O Zarathoustra, c'est ici qu'est la grande ville : tu n'as rien à y chercher et tout à y perdre. Pourquoi voudrais-tu patauger dans cette fange ? Aie donc pitié de tes jambes ! crache plutôt sur la porte de la grande ville et — retourne sur tes pas ! Ici c'est l'enfer pour les pensées solitaires. Ici l'on fait cuire vivantes les grandes pensées et on les réduit en bouillie.

Ici pourrissent tous les grands sentiments : ici on ne laisse cliqueter que les petits sentiments desséchés !

Ne sens-tu pas déjà l'odeur des abattoirs et des gargotes de l'esprit ? Les vapeurs des esprits abattus ne font-elles pas fumer cette ville ? Ne vois-tu pas les âmes suspendues comme des torchons mous et malpropres ? — et ils se servent de ces torchons pour faire des journaux.

N'entends-tu pas ici l'esprit devenir jeu de mots ? il se fait jeu en de repoussants calembours ! — et c'est avec ces rinçures qu'ils font des journaux ! Ils se provoquent et ne savent pas à quoi. Ils s'échauffent et ne savent pas pourquoi. Ils font tinter leur fer-blanc et sonner leur or.

Ils sont froids et ils cherchent la chaleur dans l'eau-de-vie ; ils sont échauffés et cherchent la fraîcheur chez les esprits frigides ; l'opinion publique leur donne la fièvre et les rend tous ardents.

Tous les désirs et tous les vices ont élu domicile ici ; mais il y a aussi des vertueux, il y a ici beaucoup de vertus habiles et occupées : — beaucoup de vertus occupées, avec des doigts pour écrire, des culs-de-plomb et des ronds-de-cuir ornés de petites décorations et pères de filles empaillées et sans derrières.

Il y a ici aussi beaucoup de piété, et beaucoup de courtisanerie dévote et de bassesses devant le Dieu des armées.

Car c'est d'"en haut" que pleuvent les étoiles et les gracieux crachats ; c'est vers en haut que vont les désirs de toutes les poitrines sans étoiles.

La lune a sa cour et la cour a ses satellites : mais le peuple mendiant et toutes les habiles vertus mendiantes élèvent des prières vers tout ce qui vient de la cour.

"Je sers, tu sers, nous servons" — ainsi prient vers le souverain toutes les vertus habiles : afin que l'étoile méritée s'accroche enfin à la poitrine étroite !

Mais la lune tourne autour de tout ce qui est terrestre : c'est ainsi aussi que le souverain tourne autour de ce qu'il y a de plus terrestre : — mais ce qu'il y a de plus terrestre, c'est l'or des épiciers.

Le Dieu des armées n'est pas le Dieu des lingots ; le souverain propose, mais l'épicier — dispose !

Au nom de tout ce que tu as de clair, de fort et de bon en toi, ô Zarathoustra ! crache sur cette ville des épiciers et retourne en arrière !

Ici le sang vicié, mince et mousseux, coule dans les artères : crache sur la grande ville qui est le grand dépotoir où s'accumule toute l'écume !

Crache sur la ville des âmes déprimées et des poitrines étroites, des yeux envieux et des doigts gluants — sur la ville des importuns et des impertinents, des écrivassiers et des braillards, des ambitieux exaspérés : — sur la ville où s'assemble tout ce qui est carié, mal famé, lascif, sombre, pourri, ulcéré, conspirateur : — crache sur la grande ville et retourne sur tes pas !" —

Mais en cet endroit, Zarathoustra interrompit le fou écumant et lui ferma la bouche.

"Te tairas-tu enfin ! s'écria Zarathoustra, il y a longtemps que ta parole et ton allure me dégoûtent !

Pourquoi as-tu vécu si longtemps au bord du marécage, te voilà, toi aussi, devenu grenouille et crapaud !

Ne coule-t-il pas maintenant dans tes propres veines, le sang des marécages, vicié et mousseux, car, toi aussi, tu sais maintenant coasser et blasphémer ?

Pourquoi n'es-tu pas allé dans la forêt ? Pourquoi n'as-tu pas labouré la terre ? La mer n'est-elle pas pleine de vertes îles ?

Je méprise ton mépris ; et si tu m'avertis, — pourquoi ne t'es-tu pas averti toi-même ?

C'est de l'amour seul que doit me venir le vol de mon mépris et de mon oiseau avertisseur : et non du marécage ! —

On t'appelle mon singe, fou écumant : mais je t'appelle mon porc grognant — ton grognement finira par me gâter mon éloge de la folie.

Qu'était-ce donc qui te fit grogner ainsi ? Personne ne te flattait assez : — c'est pourquoi tu t'es assis à côté de ces ordures, afin d'avoir des raisons pour grogner, — afin d'avoir de nombreuses raisons de vengeance ! Car la vengeance, fou vaniteux, c'est toute ton écume, je t'ai bien deviné !

Mais ta parole de fou est nuisible pour moi, même lorsque tu as raison ! Et quand même la parole de Zarathoustra aurait mille fois raison : toi tu me ferais toujours tort avec ma parole !"

Ainsi parlait Zarathoustra, et, regardant la grande ville, il soupira et se tut longtemps. Enfin il dit ces mots :

Je suis dégoûté de cette grande ville moi aussi ; il n'y a pas que ce fou qui me dégoûte. Tant ici que là il n'y a rien à améliorer, rien à rendre pire !

Malheur à cette grande ville ! — Je voudrais voir déjà la colonne de feu qui l'incendiera !

Car il faut que de telles colonnes de feu précèdent le grand midi. Mais ceci a son temps et sa propre destinée.-

Je te donne cependant cet enseignement en guise d'adieu, à toi fou : lorsqu'on ne peut plus aimer, il faut — passer ! —

Ainsi parlait Zarathoustra et il passa devant le fou et devant la grande ville. "





La motivation de mon départ

16h32, vendredi 5 juin 2009 .. 2 commentaire(s) .. Lien Permanent
Le sédentarisme (donc le fait de vivre en grande ville) amène nécessairement nombre de pathologies ; parmi celles-ci je compte :

La routine qui est elle-même précurseur de beaucoup de problèmes, dont
la peur ;

La peur est un véritable fléau chez l’humain ; peur des étrangers, de l’inconnu. Cette peur, c’est l’outil instinctif du conservatisme ; on refuse l’ouverture aux choses différentes, on se borne à celles déjà connu puisque c’est beaucoup plus facile ainsi !

La facilité et le confort sont les raisons de la routine ; dans un optique de la “loi du moindre effort”, on arrête d’évoluer (d’avancer, de rechercher quelque chose de mieux) lorsque l’on se sent assez à l’aise ; nos besoins primaire comblés, on s’assoie et on commence à se pervertir dans le sédentarisme... C’est, selon moi, une faiblesse ; celui qui a trouvé un idéal, donc qui est installé et qui est satisfait de sa situation, est désormais semblable à la pierre : la remise en question au ban, une vie morne et plate s’annonce devant lui... La seule “évolution” qu’il subira sera de même que celle qui agit sur le rocher ; l’érosion de la société le polira, le parfairera de sorte qu’aucune contradiction, qu’aucun changement de section ne soit plus possible ; il deviendra rond, gros, bourgeois.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Une vie sans difficulté ne fait pas avancer.

La contradiction fait grandir ; elle permet l’ouverture à de nouveaux points de vues ; l’enrichissement du savoir, de l’intérieur. Sage était celui qui dit un jour : “Seul un con ne change pas d’avis”.

Le sédentarisme, c’est la fermeture d’esprit mise en application physique.

Il tend à l’accumulation de biens ; comme si la terre nous appartenait ! Je ne suis pas le premier à le dire ; la propriété, c’est le vol. Une parcelle d’espace est libre en soi ; se l’approprier est prétendre à la divinité. Sommes-toute, ce qui me tient réticent face à la propriété n’est pas d’un caractère égalitaire (La terre appartient à tous), mais plutôt tenant de raisons individuelles :
S’attacher à des biens matériels, c’est extrapoler notre Soi vers des objets ; ainsi, si les objets sont touchés, perdus, abîmés, volés ; le sentiment d’être volé, abîmé, perdu, touché nous atteint. Or, que n’est plus insignifiant qu’un morceau de matière ! Se détacher des biens matériels, de toutes possessions, c’est se donner l’avantage d’être intouchable. Que mon appartement passe au feu ; que n’en ais-je rien à faire ; mon voisin, lui sédentaire et bourgeois, pleurera, et sans surprise se suicidera-t’il éventuellement... Faiblesse : LUI, n’a eut aucune blessure. Cette idée s’applique aussi à la possession d’autrui, aux attaches face à d’autres personnes.

Le sédentarisme tend à l’égoïsme ; MA réputation, MA personnalité, MES biens personnels, MON logis, MON titre... En réalité, ne suis-je pas qu’un être tout simplement libre ? Or tous ces artifices égoïstes sont d’autant plus des bornes qu’ils sont nuisible à mon essence ; ma liberté.
La ville est un piège où l’homme libre est transformé en machine moulée ayant une fonction, un but, une finalité ; une pure négation de la liberté.

Le sédentarisme tend à l’indifférence ; ma vie d’un jour à l’autre est la même ; je vois les mêmes paysages, je croise des gens comme s’ils étaient les mêmes. Par l’indifférence autrui devient banalisé ; ce qu’il est se résume à son statut, à son emploi et à sa propre routine à lui ; rien d’extraordinaire ; en ville, jamais autrui est un miracle. Pourtant n’est-il pas une grande liberté autant que nous le sommes nous-mêmes ? Un grand mystère de la vie, une grande puissance ! Mais non ; en ville, autrui n’est qu’un robot parmi tant d’autres, parmi moi. Le même discours est applicable aux paysages ; aux objets : ne sont-ils pas de fabuleux existants ? Mais non ; en ville, ils ne sont que de vulgaires choses que l’on ne remarque rapidement plus.

Tout est plat, tout est normal, tout est semblable ; aucune surprise ; es-ce ça la vie ? Non ; c’est le sédentarisme.

En ville, nous sommes pierre. Chacun à des attentes envers autrui ; chacun est forgé par les attentes d’autrui. Je ne suis pas moi ; je suis leur vouloir.

En aventure... Rien de tout cela tient.

C’est pourquoi je souhaite le nomadisme, c’est pourquoi je pars.


Tiré du livre "Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche :

" En traversant ainsi sans hâte bien des peuples et mainte ville, Zarathoustra retournait par des détours vers ses montagnes et sa caverne. Et, en passant, il arriva aussi, à l'improviste, à la porte de la grande Ville : mais lorsqu'il fut arrivé là, un fou écumant sauta sur lui les bras étendus en lui barrant le passage. C'était le même fou que le peuple appelait "le singe de Zarathoustra" : car il imitait un peu les manières de Zarathoustra et la chute de sa phrase. Il aimait aussi à emprunter au trésor de sa sagesse. Le fou cependant parlait ainsi à Zarathoustra :


"O Zarathoustra, c'est ici qu'est la grande ville : tu n'as rien à y chercher et tout à y perdre. Pourquoi voudrais-tu patauger dans cette fange ? Aie donc pitié de tes jambes ! crache plutôt sur la porte de la grande ville et — retourne sur tes pas ! Ici c'est l'enfer pour les pensées solitaires. Ici l'on fait cuire vivantes les grandes pensées et on les réduit en bouillie.

Ici pourrissent tous les grands sentiments : ici on ne laisse cliqueter que les petits sentiments desséchés !

Ne sens-tu pas déjà l'odeur des abattoirs et des gargotes de l'esprit ? Les vapeurs des esprits abattus ne font-elles pas fumer cette ville ? Ne vois-tu pas les âmes suspendues comme des torchons mous et malpropres ? — et ils se servent de ces torchons pour faire des journaux.

N'entends-tu pas ici l'esprit devenir jeu de mots ? il se fait jeu en de repoussants calembours ! — et c'est avec ces rinçures qu'ils font des journaux ! Ils se provoquent et ne savent pas à quoi. Ils s'échauffent et ne savent pas pourquoi. Ils font tinter leur fer-blanc et sonner leur or.

Ils sont froids et ils cherchent la chaleur dans l'eau-de-vie ; ils sont échauffés et cherchent la fraîcheur chez les esprits frigides ; l'opinion publique leur donne la fièvre et les rend tous ardents.

Tous les désirs et tous les vices ont élu domicile ici ; mais il y a aussi des vertueux, il y a ici beaucoup de vertus habiles et occupées : — beaucoup de vertus occupées, avec des doigts pour écrire, des culs-de-plomb et des ronds-de-cuir ornés de petites décorations et pères de filles empaillées et sans derrières.

Il y a ici aussi beaucoup de piété, et beaucoup de courtisanerie dévote et de bassesses devant le Dieu des armées.

Car c'est d'"en haut" que pleuvent les étoiles et les gracieux crachats ; c'est vers en haut que vont les désirs de toutes les poitrines sans étoiles.

La lune a sa cour et la cour a ses satellites : mais le peuple mendiant et toutes les habiles vertus mendiantes élèvent des prières vers tout ce qui vient de la cour.

"Je sers, tu sers, nous servons" — ainsi prient vers le souverain toutes les vertus habiles : afin que l'étoile méritée s'accroche enfin à la poitrine étroite !

Mais la lune tourne autour de tout ce qui est terrestre : c'est ainsi aussi que le souverain tourne autour de ce qu'il y a de plus terrestre : — mais ce qu'il y a de plus terrestre, c'est l'or des épiciers.

Le Dieu des armées n'est pas le Dieu des lingots ; le souverain propose, mais l'épicier — dispose !

Au nom de tout ce que tu as de clair, de fort et de bon en toi, ô Zarathoustra ! crache sur cette ville des épiciers et retourne en arrière !

Ici le sang vicié, mince et mousseux, coule dans les artères : crache sur la grande ville qui est le grand dépotoir où s'accumule toute l'écume !

Crache sur la ville des âmes déprimées et des poitrines étroites, des yeux envieux et des doigts gluants — sur la ville des importuns et des impertinents, des écrivassiers et des braillards, des ambitieux exaspérés : — sur la ville où s'assemble tout ce qui est carié, mal famé, lascif, sombre, pourri, ulcéré, conspirateur : — crache sur la grande ville et retourne sur tes pas !" —

Mais en cet endroit, Zarathoustra interrompit le fou écumant et lui ferma la bouche.

"Te tairas-tu enfin ! s'écria Zarathoustra, il y a longtemps que ta parole et ton allure me dégoûtent !

Pourquoi as-tu vécu si longtemps au bord du marécage, te voilà, toi aussi, devenu grenouille et crapaud !

Ne coule-t-il pas maintenant dans tes propres veines, le sang des marécages, vicié et mousseux, car, toi aussi, tu sais maintenant coasser et blasphémer ?

Pourquoi n'es-tu pas allé dans la forêt ? Pourquoi n'as-tu pas labouré la terre ? La mer n'est-elle pas pleine de vertes îles ?

Je méprise ton mépris ; et si tu m'avertis, — pourquoi ne t'es-tu pas averti toi-même ?

C'est de l'amour seul que doit me venir le vol de mon mépris et de mon oiseau avertisseur : et non du marécage ! —

On t'appelle mon singe, fou écumant : mais je t'appelle mon porc grognant — ton grognement finira par me gâter mon éloge de la folie.

Qu'était-ce donc qui te fit grogner ainsi ? Personne ne te flattait assez : — c'est pourquoi tu t'es assis à côté de ces ordures, afin d'avoir des raisons pour grogner, — afin d'avoir de nombreuses raisons de vengeance ! Car la vengeance, fou vaniteux, c'est toute ton écume, je t'ai bien deviné !

Mais ta parole de fou est nuisible pour moi, même lorsque tu as raison ! Et quand même la parole de Zarathoustra aurait mille fois raison : toi tu me ferais toujours tort avec ma parole !"

Ainsi parlait Zarathoustra, et, regardant la grande ville, il soupira et se tut longtemps. Enfin il dit ces mots :

Je suis dégoûté de cette grande ville moi aussi ; il n'y a pas que ce fou qui me dégoûte. Tant ici que là il n'y a rien à améliorer, rien à rendre pire !

Malheur à cette grande ville ! — Je voudrais voir déjà la colonne de feu qui l'incendiera !

Car il faut que de telles colonnes de feu précèdent le grand midi. Mais ceci a son temps et sa propre destinée.-

Je te donne cependant cet enseignement en guise d'adieu, à toi fou : lorsqu'on ne peut plus aimer, il faut — passer ! —

Ainsi parlait Zarathoustra et il passa devant le fou et devant la grande ville. "





Salutation à tous les nomades

19h20, vendredi 12 juin 2009 .. Posté par Émie
Bonjour! J'étais fichtrement curieuse de voir ça, ton blog, après 3h30 passé avec toi! Et j'suis pas déçue! j'crois même lire ton blog personnel. Question de philosopher de temps en temps. C'est bien beau niaiser mais ça fait du bien de penser! penser avec un grand P comme dans Philo. J'adore ton écriture. Et c'est drôle que tu parles de sédentarisme et de routine. C'est pour ça tantôt que je disais que j'aurais tant aimé aller étudier à Québec! Oui, c'est une grande ville avec des fonctionnaires bizarres... mais surtout, c'est Différent. Passer 17 ans dans une petite ville telle qu'Amos... la routine est difficile à éviter à la longue, ç'en devient étouffant :( . Voir du noeuf, ça c'est attrayant! Eh, le nomade, c'est drôle, c'est le premier qualificatif qui m'est venu à l'esprit en te voyant XD. Et tu m'as convaincu. J'ai toujours su que j'allais voyager, mais partir à la sauvage aventure, ça a l'air d'être quelquechose. Et puis, j'ai pas peur de me salir. Ça y est! je pars! Tu mérites bien ton surnom, l'aventurier! Peace.

Émie

Quête de liberté

18h20, mardi 23 juin 2009 .. Posté par Minh Duc
Salut JF

Je trouve ta quête riche en idée philosophique. Ainsi, j'aimerais te partager mon point de vue. Pour moi la quête de la liberté, commence d'abord par une résolution de tout les problèmes qui peuvent empécher la réalisation de celui-ci. Ainsi ma méthode pour éliminer ces problèmes c'est de partir à la racine.

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L'humain, en tant qu'être vivant, doit combler des besoins de base pour assurer sa subsistance: nourritures, protection physique contre tout hostilité mortelle de l'extérieur: prédateurs, maladie, intempérie, etc.

Les animaux, en général, ne peuvent combler tout ces besoins. Ainsi, il est plutot commun d'entendre parler d'animaux mourir à cause du froid de l'hiver ou de tout autre hostilité naturelle.

L'humain, au fil du temps, a su trouver des méthodes de survie qui lui permettent de combler l'ensemble de ces besoins.

Brièvement, à cause de l'agrandissement de sa population, il ne peut plus se permettre de vivre en tant que chasseur/cueilleur au risque de connaitre une rarification des ressources alimentaires et le déclin de son espèce. Ayant observé les comportements de éléments naturels autour de lui, il a, entre autre, découvert la germination d'une semence dans le sol, et une tendance de certains animaux à devenir docile lorsqu'on leur fait croire qu'il est gagnant pour leur survie de s'allier avec les humains.

Ainsi, ils se mettent à faire de la culture, s'occuper d'être statique telles les plantes. Pour pouvoir s'occuper des plantes, il faut que l'humain demeure au près de celle-ci. Les groupes d'humains deviennent statique.

Ainsi nait la sédentarité.

Je ne suis pas contre la sédentarité comme un moyen de survie, mais contre l'attitude de la personne qui se dit avoir un idéal et qui devient entièrement statique. Etre statique à une région donné dans un but de survie, c'est une chose, mais être soi même statique, c'est une autre histoire, comme la facilité doit être différenticier du contentement de la facilité. Se figer dans une satisfaction de sa situation est une prétention au même titre que de se croire parfait, un disfonctionnement de soi alors qu'il y a tant à faire pour un monde meilleur.

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**** " La propriété, c'est du vol "

Il m'est souvent arrivé d'entretenir un discours hostile envers le concept de propriété telle que perçu par la société actuelle. Mais de là à proscrire tout forme de propriété; intuitivement, je trouve que le concept est trop simplice, trop noir ou blanc, trop ressorti de cette apparence grissaille de l'univers complexe qui m'entoure. Des questions se posent. Pourquoi l'existance de la propriété? Quelles sont les conséquences?

A vrai dire, je n'ai pas des réponses prouvées, mais seulement des hypothèses qui sont le fruit de ma logique.

Observation:

- L'être a des comportements.
- La propriété n'existe qu'en présence d'un être et d'un élément qui peut soit être l'être lui-même ou autre.
- Il s'agit d'un ensemble de comportement qui constitue un tout visant à avoir un controle exclusif de cette élément.

Vu ainsi, on peut croire que la notion de propriété existe depuis des lustres et bien avant l'existence des humains. L'exemple d'un être se défendant contre un prédateur pour que celui-ci ne lui prenne pas un morceau de lui même est un acte visant à la protection de la propriété. L'être défendant maintient ainsi un controle exclusif sur son corps.

Avec la sélection naturelle, cet ensemble de comportement, ayant permis une meilleures survie à ces êtres, il est logique de croire qu'il s'est transmis de génération en génération et est adapté selon les spécificités de chaque être.

Ex: Les félins et d'autre qui délimitent leur territoire.

Selon le contexte de l'humain sédentaire, je suppose que si tout élément extérieur se permettait de prendre à sa guise ce qui est sous la propriété de cette humain, il en va sans dire que certains ses besoins matériels s'avèreront à combler. Si ce matériel est garant de la survie de l'humain (ex: nourriture), celui-ci serait en danger de mort.

Le but de cet ensemble de comportement est logiquement d'avoir un controle exclusif des éléments utiles pour assurer d'avoir ses besoins comblés.

Un humain, comme tout autre animal, a un besoin minimal de matériel pour assurer sa subsistance.

Ainsi dans le contexte actuel, la propriété a, à un certain degré, un role essentiel dans la survie de l'homme.

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Prémisse:

- L'homme descend du singe

Observation:

- Le singe est un mamifère qui, en général, vie en groupe.
- Il augmente ses chances de survie en favorisant la loi du nombre.
- Un groupe coordonné à plus de chance de survie qu'un autre désorganisé
- Ils ont une certaine forme de hierarchie

Si tout cela est vrai, ça veut dire que l'homme possède des caractérisques très similaires à celles du singe. L'humain, se tient en groupe et suit une certaine hierarchie. Comme pour les singes, pour que le groupe puisse être coordonné, il faut que l'ensemble des membres qui le compose soit en parfaite harmonie avec les autres. Il y a là effacement de l'unicité de l'individus au profit du groupe.

Qu'est ce qu'il y a de plus efficace qu'un instinct pour enligner un humain, comme un singe sur un ensemble de comportements favorisant la survie? L'humain s'est doté de certains instincts qui lui permet de mieux survivre, dont celui d'apprécier la compagnie d'un groupe, celui d'une volonté de ce fait accepter par celui-ci.

L'INSTINCT GREGAIRE.

Je crois qu'il y a là une suggestion sur l'origine de certaines attitudes que toi et moi proscrivons: Ma réputation, mon titre, l'hypocrisie, l'acteur, le masque. Tous des attitudes dans le but de ce faire rassurer d'appartenir à un groupe; un sentiment instinctif de sécurité dont le prix, est le sacréfice de sa liberté d'être soi-même, d'être sa propre personne.

Dans un but d'avoir un groupe coordonné, il y a cette attitude à vouloir centraliser, laisser le pouvoir décisionel de sa propre personne entre les mains d'une autre personne, par exemple le politicien, ou dans le cas des singes, le male dominant, une attitude, de oui, groupe, tout de suite, groupe qui me donne envie de vomir, une attitute de transformation de soi en pantin, en fantoche.

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L'égoisme

Observation

- Les prédateurs ne se gène guère pour dévorer leur victime.
- La propriété telle que décrite précédemment

A partir de ces observations, je crois que l'égoisme est le résultat d'une lutte sauvage pour la survie, une constante guerre et compétition entre être vivant. "Je ne me soucis pas des autres autour. Je mange qui je veux, jusqu'a ce qui plus fort que moi me plante." Je crois qu'il y a possibilité que l'égoisme, bien qu'il n'aie pas la forme actuelle, soit beaucoup plus vieux que la sédentarité. Dans le context de l'homme, un être sociale, il y a apparemment une contradiction entre l'instinct gréguerre et l'égoisme, mais je crois qu'en vertue d'un univers grissaille comme le notre, il ne serait pas étonnant qu'il y aie une coexistance de ces 2 ensembles de comportements. Exemple : "Jean Charest aime le pouvoir et veut supplanter ses opposants politiques (égoiste), mais pense au groupe de supportaires qui font le poid dans l'appui de sa candidature lors de la prochaine élection, il fait son hypocrite, s'habille en chemise cravate et embrasse des bébés. (instinct grégaire)."

A la lumière ce ses hypothèses, serait-il possible que notre société ne soit qu'un reflet légèrement déformé de la nature sauvage?

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L'origine de la routine

Je crois la sédentarité n'est pas le responsable principal de la routine, mais, en partie, la loi de la moindre effort et la peur. Je peux être l'un de certains de ces nomades qui déplacent leurs troupeaux au gré routinier des saisons. Partir à la découverte du nouveau a un prix. Si ce n'est pas la loi de la moindre effort qui empêche l'individu d'exploiter le reste de son potentiel, il y a aussi la limites de potentiel. Une mère monoparentale au salaire minimum, n'aurait pas les moyens de se lancer dans une telle aventure, ainsi, elle est prisonnière de sa routine du 9 à 5 et de ses responsabilités de mère. Ainsi, je crois que l'inverse est tout aussi vrai. Non seulement, la routine peut entrainer la peur, mais la peur d'avoir ses besoins non combler peut pousser aussi vers la routine. Il y a là un cercle vicieux commun comme il y en a tant dans ce monde.

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Je remarque l'ensemble de ces suggestions des origines ces comportements semble pointer vers un fautif qui est le besoin.(Besoin alimentaire, Besoin de survie, Besoin de se reproduire, Besoin de pouvoir, etc) Ainsi, je formule mon hypothèse principale: ETRE DANS LE BESOIN = ETRE VULNERABLE.

Remarque seule le peu d'exemples mentionnés précédemment montre un peu l'étendu des sacréfices d'un être vivant au nom de la survie. Il en va même jusqu'à un sacréfice instinctif de sa liberté. Et, il ne s'agit là que de besoins essentiels. Parce que si on regarde le fonctionnement de la société actuellement, de mon point de vue, on est en présence d'un mécanisme géant de servitude, une usine à vulnérabilité. Je ne suis pas le premier à te dire que pour percer dans cette société en tant que compagnie, il faut combler des besoins ou en créer. La société tire sa subsistance en profitant de la vulnérabilité des gens. On rend et on crée des gens vulnérable pour qu'ils nous servent, un peu comme des esclaves.

La mixture mal dosé de l'ensemble des comportements mentionnées et probablement d'autres que j'ai oubliés donne un mélange amer. Exemple: Une obsession de la propriété qui va exagérément au delà de la nécessité, le tout couvert par une certaine forme de désir de dégager une image de supériorité dans l'oeil des autres encouragé par l'égoisme et l'instinct grégaire.

Ainsi, j'ai un défi pour l'ensemble de l'humanité: NE PLUS AVOIR BESOIN.

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Je reconnais que la vie de l'humain moyen actuelle est dégradant.
Mais est ce que le nomadisme pur et dur est la solution pour la quete de la liberté?
La société actuelle bien que dégoutant, ne comporte-t-elle pas quelques qualité que ce soit?
Qu'est ce qu'il y a de beau à retenir dans les société qu'on a connu dans l'histoire?
Qu'est ce qu'il y a de laid à proscrire dans ces sociétés?
En tant qu'être humain, biologiquement et psychologiquement, sommes adaptés pour entreprendre une ascention vers la liberté?

Bien que l'histoire, bien souvent, a été écrite subjectivement par les vainqueurs, celle-ci ne réside pas seulement dans les écrits, mais aussi un peu partout autour de nous.

A mon avis, beaucoup de facteurs sont en jeu (relation humain / environnement, humain/humain, fonctionnement de l'environnement, comportement physique, biologique, psychologique etc.) et que pour atteindre un état plus élevé de liberté, il faut entreprendre un processus d'optimisation, mais d'abord de LA VOLONTE DE TOUS POUR LA LIBERTE DE TOUS.

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